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Formation d'acupuncture au Centre Imhotep

Ecole de référence en acupuncture traditionnelle à Paris depuis 1995

SERVE, RESTITUERE, ADJUVANTE : servir (le ciel), rétablir (la santé), seconder (la terre)

Les Echos du QI

Les 3 trésors : Tsing, Qi et Chen

mardi, 26 avril 2016

Travaillez le Tsing pour le transformer en Tchi
Travaillez le Tchi pour le transformer en Chen
Travaillez le Chen pour revenir au Vide
Travaillez le vide pour s’unir au Tao

les3tresors

Les trois trésors de la pensée chinoise ancestrale sont en rapport avec l’alchimie, principe
essentiel de vie mais aussi composante majeure afin de comprendre que l’homme est la nature,
l’homme est donc assujettie aux mêmes lois que celle-ci et que, y désobéir amène la maladie.
Voyons-les en détails.

Le Tsing

Le Tsing, c’est l’essence. Pas n’importe laquelle, il s’agit de l’essence de vie. Elle n’est pas Yuan
Tchi mais bien l’essence qui est dans toute chose. On pourrait penser que la pierre n’en est pas
pourvue mais bien au contraire. Le minéral nano, croît et disparaît en son temps qui est bien
évidement différent de l’espèce humaine. C’est pourquoi l’empereur Huang Ti reçoit la réponse
suivante à sa question qui est de savoir si tout dans l’univers subit la loi de l’essence. Tchi Po
Ministre grand astronome répond alors, que petits ou grands effets donnent petites ou grandes
causes mais cessent un jour. C’est la loi du Yi King. Tout naît, vit et meurt en se transformant
continuellement.
Le Tsing est donc une force qui croît et décroît au rythme des saisons. Elle est nourrie par la
lumière du Tchi qui se modifie en fonction des climats et des lieux où l’on vit. En effet, la lumière
reçue en Suède est certainement différente en quantité et intensité par rapport au Maroc par
exemple. Ce Tsing va circuler ainsi dans trois chambres ainsi nommées par les alchimistes
acupuncteurs. La chambre du Tan Tien inférieur (foyer inférieur) est la chambre noire, zone du
Solve, c’est-à-dire de la séparation, de la putréfaction. C’est dans cette enceinte fermée et très
hermétique que la lumière se ressource, que l’essence se purifie afin de commencer sa
croissance. C’est ce que nous nommons les marécages car il y règne une chaleur constante et
une odeur que les anciens appellent le « pet d’âne ». Le 4 JM champ de cinabre inférieur est un
point essentiel. En effet le cinabre est un sulfure de mercure et ce qi doit se faire ici, c’est la
séparation du Soufre et du Mercure. Quoi de plus extraordinaire alors que le point Mo de l’IG qui
justement a pour fonction de « faire le tri »
Puis vient la chambre blanche située au foyer supérieur entre les clavicules et la queue de pigeon.
La couleur de cette chambre est le blanc, car ici règne le Coagula. La matière philosophique est
débarrassée de ses scories et de ses miasmes. Elle est prête alors à être réincrudée, c’est-à-dire
prendre un nouvel envol ! La queue de pigeon n’est pas un symbole pris au hasard mais bien une
signification non déguisée du passage de la matière primitive à une plus ailée, plus aérienne et
donc représentée par un attribut d’oiseau. Remarquez que les côtes forment les ailes de l’oiseau
et le sternum le corps de celui-ci. A cet étage nous trouvons la symbolique du lac, des étangs. Une
tranquillité avant une nouvel élan de montée, car à ce niveau le Tsing est au 17 JM. Et que la
symbolique de ce point est géniale. Tran Chong ! Tran c’est un grenier d’où on peut observer la
lumière s’élever! Que dire de plus? Ici le coeur doit être en paix car il s’est libéré de son histoire
passée. Non pas en la rejetant mais en l’acceptant. Ce qui est, doit être, et le reste n’est que
conjectures.
L’essence alors n’attend plus que de se nourrir de cette lumière du Tchi qui la conduit à la dernière
chambre, celle de la tête, la chambre rouge, là où la pierre est formée. Le palais de Niwan, la
chambre rouge, le palais des brumes. Ici règne la sérénité et une force de lumière
incommensurable et irréfragable. Le 20 TM est ce lien qui unit le multiple à l’unité. De l’histoire
humaine, cette essence, en passant les trois palais a permis l’individualité, l’unicité de l’être.

Et que devient cette pierre en puissance? Que se passe-t-il après la montée? Bien évidemment il y
a la descente. Elle s’effectue par elle-même comme si maintenant, l’être ainsi conduit aux plus
hautes considérations spirituelles, se laissait aller alors sur la pente du Non-agir. Il ne cherche
plus, il est. Il ne brille plus, il illumine. Au niveau de la tête cette force Yang laisse alors place à la
pensée créatrice et paix. Puis arrivée au niveau du thorax elle devient amour. Enfin dans son
intérieur le plus caché cette essence Yang laisse s’exprimer la joie de existence (sortir de). C’est le
parcourt annuel, c’est le chemin d’une vie.

Le Tchi

Traduit aujourd’hui par « souffle », cette force est de la lumière. Cette lumière peut être celle du
soleil, mais dans leur profonde sagesse les Chinois ne donnent que des bribes d’information. Il y a
trois feux dans la nature. Le premier est le feu vulgaire, le feu qui brûle, celui d’un briquet par
exemple. C’est un feu enfermé en toute chose. C’est Yuan Tchi qui n’est pas qu’un feu mais dont
la fonction essentielle dans le corps humain est d’entretenir la température constante.
L’autre feu est celui du Soufre, c’est-à-dire le Feu émotionnel. Ensuite le Feu spirituel nommé
Mercure qui est le lien de l’homme avec Le Principe. Ce dernier d’ailleurs est constamment
respecté dans les coutumes liées aux ancêtres. Car le fait de dresser un temple aux ancêtres
signe de facto le lien qui nous unit à notre origine.

Ces trois feux donc ont une action sur l’essence. L’essence est d’abord dynamisée par Yuan Tchi
qui lui apporte sa force, sa puissance. Il y a une différence évidente entre un brasier et un
barbecue. Yuan Tchi c’est une force et une direction de vie puisque Yuan Tchi est aussi porteuse
de notre ascendance. Nous sommes donc plus ou moins chargés ce qui diminue ou augmente cette
force.

Le Feu Soufre teinte l’essence d’une couleur. C’est comme un filtre par lequel passe l’essence
Yang et prend ainsi telle ou telle couleur. Mais si elle passe un filtre, cela signifie qu’une partie de
lumière lui est enlevée. Nos émotions sont des « aspirateurs » de lumière. Un trop plein d’émotion
entraîne d’ailleurs une aura de noirceur voire un teint grisâtre.
Enfin le Feu Mercure subtilise (attention à pendre dans le sens de rendre subtil) cette essence afin
que dans sa descente, elle apporte une information céleste qui s’enracinera dans la terre pour une
nouvelle remontée.

Cette circulation du haut vers le bas et du bas vers le haut est exactement ce qui se produit dans
un distillateur. Et qui ne s’est pas émerveillé devant cette montée de l’énergie et sa descente? Qui
n’a pas compris que la rosée qui se dépose le matin sur les plantes est le nitre céleste c’est-à-dire
le sel du ciel qui nous conduit alors à l’universel (unis vers sel) ?
Qui n’est pas resté émerveillé devant une eau qui boue qui s’élève et se dépose en gouttelettes
sur le dedans du couvercle. Cette eau est pure, plus pure que celle du récipient qui s’agite. De
quoi s’est-elle délestée? Et n’est-ce pas ce que nous faisons quand nous buvons ? En effet nous
nous désaltérons, qui dans la langue des initiés prend le sens d’ôter ce qui nous altère ?!

Cette montée et cette descente se comprennent alors comme la montée des Pro et la descente
des Chen. Ce sont deux mêmes entités mais l’un a un sens de montée et l’autre de descente qui
implique alors un autre nom. C’est pourquoi le Pro se conjoint au Chen et qu’il nous faut
comprendre quel est son rôle.

Le Chen

Quelle différence entre un charbon et un diamant? Au niveau de sa constitution atomique aucune!
Ce sont des atomes de carbone, mais dans le charbon ceux-ci sont dans un désordre et dans le
diamant ils sont organisés, structurés, alignés. Ainsi le Chen est cette énergie céleste qui organise
notre vie en tentant de la rendre de plus en plus subtile, de plus en plus légère afin de laisser
passer la lumière. Le Chen est une puissance d’allègement et un outil puissant pour percer nos
atavismes et nos croyances. Percevoir c’est percer et voir. Et on ne voit bien qu’avec le coeur qui
est la demeure du Chen!

Le Chen rend subtil et descend via l’essence pour entrer en terre et alors se transmuter en Pro.
Ceux-ci sont nos vers nos histoires présentes ou passées qui nous alourdissent et nous font
pourrir. Si ces Pro ne peuvent remonter jusqu’au Ciel afin d’être purifiés ils deviennent des Kouei.
Ils nous possèdent, nous font ressasser, nous amènent à un état anxiogène puis angoissant pour
finir dans la dépression. Le Pro est notre altération biologique et obligatoire car c’est notre tribut à
payer pour nous élever. Se spiritualiser nous coûte de vieillir. Accepter de vieillir c’est être sur un
chemin de spiritualité et d’allègement. Nous cicatrisons notre généalogie dans sa totalité et nous
renforçons alors l’énergie du Ciel. Tout cela participe à l’entretien de la vie et l’acupuncture
traditionnelle se situe sur ce plan de réflexion là. Elle est au carrefour de la pensée taoïste,
alchimique et physique. Elle est un art qui conduit l’Homme à devenir meilleur dans le sens de se
rectifier lui-même par lui-même et pour lui-même. C’est un magnifique destin qui nous est donné.
Nous sommes libres de prendre notre vie en main et d’obéir, en le respectant, au Tao ce que
Tchouang Tse nous répète sans cesse: « un cheval et un buffle ont quatre pattes. C’est ce que
j’appelle l’essentiel. Mettre un licou au cou du cheval ou un anneau dans le nez du buffle, c’est ce
que j’appelle le nécessaire. Méfie-toi que le nécessaire ne détruise jamais l’essentiel! »
A trop vouloir maîtriser tout ce qui nous entoure nous ne voyons même plus en nous cette essence
spirituelle. Que toutes celles et ceux qui liront ces lignes comprennent bien le fond de la pensée de
Tchouang Tse.

Jihem