Menu
Formation d'acupuncture au Centre Imhotep

Centre de formation en acupuncture traditionnelle à Paris depuis 1995

SERVE, RESTITUERE, ADJUVANTE : servir (le ciel), rétablir (la santé), seconder (la terre)

Logo de la FEDE - Fédération Européenne des écoles
Première école d'acupuncture traditionnelle membre de la FEDE

Logo Datadocké
Les Echos du QI

DECISION OR NOT DECISION ?

jeudi, 26 septembre 2019

Quel sens donner à la décision ? Quel chemin notre esprit prend-il afin d’aboutir à un traitement face au patient ?

Ces questions sont essentielles car, longtemps je me suis demandé si nous pouvions envisager un chemin de résolution «oui/non». Vous voyez le genre ? Un diagramme décisionnel ! Et bien cela n’est pas possible car ce genre de diagramme est inutilisable dans le contexte de l’acupuncture traditionnelle, c’est-à-dire celle qui tient compte de la relation de coeur qui fera un pont entre le cerveau droit intuitif et émotionnel et le gauche raisonné et stratégique.

Le même problème se retrouve lorsque nous décidons d’organiser des stages cliniques. Il est impossible de donner un thème car cela oblige à une seule pensée au détriment de l’arsenal que nous avons et qui pourrait mieux profiter aux patients. J’ai suivi des stages afin de voir ces «grands pontes» américains, chinois, français. Effectivement un arbre décisionnel est possible dans tous les cas car ils ne fonctionnent que par protocole. Il en est de même avec la pharmacopée où il est même dit que la décision de prescrire tel ou tel remède, peut se faire sans avoir vu le patient. Là nous touchons, pour moi, l’incompréhension car diplômé de l’école des plantes de Lyon, je serais bien en peine encore une fois de donner un remède sur le seul élément qu’est le nom de la maladie. Mais il y a un obscurantisme qui plane aujourd’hui sur la médecine en général et les médecines complémentaires en particulier. Mon propos est donc factuel. Il n’est pas possible de faire un arbre décisionnel dans l’acupuncture que nous enseignons.

Et pour le comprendre je me suis livré à l’exercice suivant : prendre un déséquilibre simple, l’un avec un arbre de décision, l’autre sans. Voyons le premier.

Monique consulte pour une douleur au coude droit sur le trajet du GI.

Echos du QI

Voici une première ébauche.
Il y a le strict minimum et rien est indiqué sur la patiente. Cet arbre ne s’occupe que de la douleur et devient en fait un diagnostic basique occidental. Au bout de cette petite chaine on peut se dire que ce patient sera traité soit par chrono puncture soit par Oe.

Pour que l’arbre puisse prendre plus de sens, il faudrait incorporer d’autres questions essentielles qui multiplieront à l’infini le fléchage et rendront inutilisable cette arborescence.

Dans le second cas, il faut effectivement poser les questions classiques sur la douleur afin de déterminer si nous sommes en face d’un Tching Kann,Tching Tcheng,Tching Bié ou Merveilleux vaisseaux. Puis calculer la date si possible de l’apparition de cette douleur. Cela entraine nécessairement de parler d’un événement qui aurait pu être marquant. Se faisant nous étudions la façon dont le visage exprime les différentes émotions qui passent. Vous ne pourrez jamais dire, dans le cas ou cela est vrai, «ma mère est morte» avec la même intonation et les mêmes expressions de visage que la phrase « je pars chercher le pain». Et cela est essentiel à la résolution du problème énergétique car les textes sont suffisamment clairs et surtout répétitifs sur le fait que nous devons parler au Chen du patient.

Qui est Monique ? Voilà la vraie question. Et il semble ensuite fondamental de se poser la question de votre existence en tant que thérapeute : comment comprenez-vous la maladie?

Si vous pensez qu’elle est l’expression d’une souffrance locale liée à des désordres biochimiques alors vous auriez du faire médecine. Si vous pensez qu’elle est le résultat d’une défense de l’énergie vitale qui ne trouve pas d’autres moyens que de repousser sur l’externe une contrainte émotionnelle alors il vous faut continuer sur le chemin de l’acupuncture. Mais cela vous obligera au travail vrai.

Si vous pensez autrement que ces deux extrêmes il vous faut alors creuser plus avant ce qu’est pour vous la maladie. Monique à une douleur fixe, nous sommes devant un Tching Kann et cela dure depuis le mois d’avril. Il s’agit du Pei de Tsou Yang Ming. Y a t’il eu un événement difficile à digérer ? Non. Et bien nous pouvons changer notre fusil d’épaule tout en restant sur les Tching Kann. Les trois Yang du pied se réunissent à l’os malaire. Y a t’il eu un problème dentaire ? Non. Nous allons donc envisager les deux autres Tching Kann, c’est-à-dire vésicule biliaire et vessie.

Commençons par la VB. Y a t’il eu un choc ou un traumatisme sur le trajet ? Oui sur le coccyx ! Voilà bien notre chance. Un point vient immédiatement le 53 V qui s’occupe des membranes et donc aussi des membranes des tendons. Il est en relation avec le GI qui est le Tcheou Yang Ming en lien avec la douleur du coude mais aussi avec le Tsou Yang Ming. D’un coup le cas s’éclaire et nous voilà dans un vrai traitement d’acupuncture.

Il reste à corroborer cela avec les pouls. Pour les Tching Kann, il est mieux de prendre les pouls avec le pouce afin de tester les différentes forces entre la gauche et la droite. Nous avons le pouls calme à droite 3 x plus faible. Nous sommes bien sur un Tsou Yang Ming qu’il faut stimuler avec du chaud car la douleur après questionnement est froide. Nous ferons donc un point noeud du Yang Ming, 1E, 53 V et 18 IG. Nous chaufferons localement avec un bâton d’armoise et ferons un point du Yin qui sera cicatrisant comme le point King du Poumon revers du TK du GI. Vous comprenez bien qu’ici nous sommes restés sur un exemple très simple et déjà cela est complexe du point de vue des liens que l’on doit faire au niveau du cerveau. Alors tisser un diagramme est impossible.

Et cela est très mécaniste comme vision car il ne faut pas oublier tout ce qui se passe entre un thérapeute et son patient. J’en avais déjà parlé lors d’un précédent Echo du Qi. Il s’agit d’humanisme, d’humain, d’humanité. Chaque déclinaison de la même racine ayant une signification bien précise.

L’humanisme, c’est vous avec vous-même.

L’humanité c’est vous avec l’autre.

L’humain, c’est vous avec les autres. C’est cela qui fait de vous un thérapeute. C’est cela la clef de voûte cachée de l’enseignement du centre Imhotep.

Jihem