Notre démarche

Publié par Centre Imhotep le 2 septembre, 2010

Les premiers écrits remontent à une époque légendaire, celle qui vit un demi dieu, Fou Hi, réaliser des travaux gigantesques.

En ce temps là, l’acupuncture qui s’appelait « l’art des aiguilles et du feu » était portée au rang de science médicale et plus encore. Elle était certes indispensable pour soigner les maladies du peuple, mais elle était aussi une voie (Tao) qui conduisait tous ceux qui la pratiquaient à s’harmoniser avec les saisons afin de rester toujours en bonne santé. Car le concept essentiel de l’acupuncture est de définir la maladie comme étant de vivre à contre-courant des lois climatiques saisonnières.

Cette médecine, profondément naturelle, issue de la nuit des temps va subir les vicissitudes humaines. Des autodafés, des rejets virulents vont forcer ceux qui la pratiquent à le faire discrètement. Car l’acupuncture prône en filigrane la liberté du mouvement et sa responsabilisation, ce que certains empereurs ne peuvent accepter !

Des penseurs comme Tchouang Tse ou Confucius vont enrichir l’acupuncture de concepts philosophiques qui en font encore aujourd’hui sa trame.

En 1687 le père Michel Boym, membre de la compagnie de Jésus, fit paraître un ouvrage « clavis medica » sur le diagnostic par les pouls qui fut commandé par le roi Louis XIV. Ce sont les premières apparitions de l’acupuncture en France.

Au XIXème siècle, le docteur Louis Berlioz, père du compositeur, se servira de cet ouvrage pour en faire une méthode thérapeutique. C’est à partir de ce moment que se transmettra régulièrement, en France, la connaissance de l’acupuncture.

Pendant ce temps en Chine, l’acupuncture est toujours pratiquée jusqu’en 1822 où l’empereur l’interdit car faisant obstacle à la médecine (pharmacopée).

En 1929, dans la République de Chine gouvernée par des idéologies occidentales, la Médecine Traditionnelle Chinoise fut presque anéantie comme étant un “vestige de l’époque féodale“. Seule une grande protestation du peuple et des médecins praticiens sauva l’acupuncture d’une interdiction formelle. Après la prise du pouvoir par les communistes en 1949, elle connut une renaissance.

Au début des années cinquante furent ainsi fondées des universités avec des programmes standardisés. Ces dernières furent dirigées par les meilleurs médecins chinois de cette époque les plus expérimentés, tous encore formés traditionnellement selon le vieux principe maître élève.

En 1966 commença l’époque terrible de la révolution culturelle prolétarienne. Toutes les écoles furent fermées, et les médecins traditionnels qui peu de temps auparavant encore étaient reconnus furent envoyés dans les champs  pour y travailler. Il fallait que la superstition et le féodalisme disparaissent pour toujours de la société et donc également la “médecine ancienne“ institutionnalisée. Un grand nombre des plus célèbres et des meilleurs médecins de cette époque succombèrent au dur travail corporel des champs. Mais l’acupuncture était une forme de thérapie extrêmement utile pour les masses et avec l’aberration de la révolution culturelle, une crise dans la santé publique s’amorça rapidement. Des jeunes hommes et des jeunes femmes fidèles au communisme furent formés à l’acupuncture dans des cours de trois mois et répartis dans le pays pour exécuter une partie des tâches médicales dans les régions rurales. Ces “médecins“ furent appelés médecins aux pieds nus.

C’est dans ce contexte tumultueux que l’acupuncture va devenir en Chine une thérapie secondaire et symptomatique, la pharmacopée chinoise la supplantant loin devant dans son utilisation.

Ainsi en France deux courants vont coexister. Les anciens qui pratiquent une acupuncture qui garde toute son essence spirituelle et holistique transmise de maître à élève depuis le début du 19ème siècle et les modernes qui pratiquent une acupuncture symptomatique associée avec la pharmacopée chinoise.

Les professeurs qui enseignent au Centre Imhotep font partis du premier courant. Il n’est pas question de juger si l’un est meilleur que l’autre. Il est simplement totalement distinct comme l’est le fond d’un puits comparé aux nuages dans le ciel. Aucun lien ne peut se faire entre les deux, ce qui est trop souvent le cas pour la grande difficulté du choix des élèves. Nous enseignons et pratiquons l’acupuncture traditionnelle ce qui signifie que nous sommes au-delà des clivages et querelles d’écoles. Notre seul intérêt, former de bons thérapeutes, notre seul centre de réflexion étant le patient.

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